| Les DU et DIU
La formation en chirurgie de la main est aussi encadrée par cinq
grands DU et DIU (Figure 4) à ['assistance nombreuse, attentive et de bon niveau en
général, mais pas toujours vouée à l'exercice de la spécialité, en France en tout
cas. Ils sont indispensables à la formation théorique mais ne sauraient excéder les 10
% qu'ils représentent à l'heure actuelle dans la notation des candidate à l'examen du
collège.
L'harmonisation des contenus et des cursus de ces DU et DIU est à
faire, celle de la docimologie est à peu près acquise. I1 resterait à harmoniser le
niveau national, sans doute, mais aussi européen avec la FESSH. Ce travail est engagé et
nous espérons bien lui voir porter ses fruits.
Les problèmes
Le niveau de compétence
Suivant le type de structure, les impératifs de niveau de compétence
ne vent pas identiques. Le fonctionnement d'une structure accueillant les urgences
nécessite une disponibilité effective 24 h/24 - 365 jours par an et donc une équipe
avec une pratique régulière et rodée de la microchirurgie, une compétence en chirurgie
orthopédique et plastique et une structure de rééducation spécialisée. Une structure
ne pratiquant que la chirurgie réglée ne nécessite pas les mêmes impératifs et un
chirurgien isolé de qualité, compétent en orthopédie ou en plastique associé à une
structure de rééducation peut être éminemment formateur. Dans tous les cas, la
formation dans un type de ces structures ne dispense en rien de la formation dans l'autre.
Les problèmes structurels
Certains vent endémiques et liés aux structures lourdes que vent les
CHU et doivent être résolus.
- L'absence de postes fléchés " main ", la formation
"main" dépendant du bon vouloir du chef de service.
- La dispersion des "urgences main" dans les centres non
FESUM et dont le recrutement dépend souvent du bon vouloir du chirurgien de garde ou de
porte.
- La gestion de consultations pléthoriques embolisées par des
pathologies bénignes. Mais il faut le souligner, il n'y a pas de " bobologie "
et c'est par les petites choses que l'on se perd.
- La masse critique de formation, 10 réimplantations par an, 25 mains
complexes et au moins 1000 à 1500 mains opérées par an, semble un ordre de grandeur
minimum pour assurer une formation crédible et valide.
Les structures privées ont un mode de fonctionnement plus souple
puisqu'il relève de leur propre choix de fonctionnement.
Les réseaux
Ils restent à inventer et l'on peut s'inspirer des succès de
collaborations existantes comme à Strasbourg ou Angers entre secteurs public et privé.
La télémédecine, la circulation de ['information et la meilleure
communication entre les hommes devraient permettre d'intégrer les compétences dans une
filière de soins cohérente et du meilleur niveau, et ce pour le plus grand bénéfice
des patients et ['incidence sur le coût de la santé publique.
La différence de fonctionnement des centres formateurs ne se pose pas
en termes de public ou privé mais en termes de structure d'urgence ou non.
L'avenir
Des structures
I1 passe de façon incontournable par des évaluations et des
accréditations. Celles-ci devraient être envisagées sur les bases des éléments
d'évaluation et les critères d'inclusion et d'exclusion mis en place par le collège et
la FESUM.
Des hommes
L'avenir des individus passe par la reconnaissance du chirurgien de la
main. La création d'une spécialité à part entière semble illusoire à court terme,
mais la reconnaissance d'une sous-spécialité ou d'une compétence apparaît
manifestement comme la solution de choix. Au niveau européen, la création d'une
spécialité nécessite la reconnaissance de celle-ci par 2/3 des états membres alors que
celle d'une sous-spécialité n'en nécessite qu'un tiers et que la décision de la
reconnaissance d'une compétence ne relève que de l'avis du conseil de l'ordre.
Accréditations ou validations dépendent des lectures que l'on en fera
et il faut rester vigilant si l'on ne veut pas voir une grande idée pervertie par l'usage
qu'on peut en faire.
Conclusion
En la matière, la bêtise consiste à vouloir conclure. La
structuration grandissante de notre spécialité, son poids socio-économique en matière
de coût de santé, son intérêt pour le bien-être des patients nous rendent
incontournables. Rien ne doit entamer notre crédibilité aux yeux de nos interlocuteurs
et nous faire rater l'occasion que notre intérêt nous permet d'avoir.
Il faut regrouper nos compétences avant que les filières ne nous
soient imposées. Le moment est stratégique. En harmonisant la formation, la docimologie
et le niveau des critères d'inclusion, nous nous présenterons sur un front uni et
cohérent.
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