Comment approcher
les chiffres ?
Beaucoup de portes dans le labyrinthe administratifG.
RAIMBEAU
Centre de La Main, Angers
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Tab.1
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Compte tenu
de l'importance de l'Administration française, on pouvait imaginer obtenir rapidement la
réponse à nos interrogations: combien de blessés de la main, combien de chirurgiens ?
Quels coûts: globaux et analytiques? Quelle est la répartition analytique entre la part
des indemnités et celle des frais thérapeutiques ?
L'Institut National de la Statistique et des Études Economiques
(INSEE) nous apprend que, en 1995, la France compte 58 millions d'habitants dont 20 % de
plus de 60 ans (perspective de 25% en 2020), 25,6 millions d'actifs et 86,4 % de ces
actifs sont des salariés (Tableau 1) [13].
En face de ces millions de consommateurs de soins potentiels, quels
sont les acteurs de soins concernés par la traumatologie de la main ? On recense 186 282
médecins actifs (source: Conseil national de l'ordre des médecins de juin 1996), dont le
groupe des 7109 chirurgiens, dont les 3/4 peuvent être confrontés à un acte de
chirurgie de la main et, en particulier, les 1 629 chirurgiens orthopédistes. La France
compte probablement 200 hyperspécialistes, leur recensement restant très difficile dans
la mesure où les 219 membres de la Société Française de Chirurgie de la Main ne sont
pas tous chirurgiens exclusifs de la main, et que bon nombre de chirurgiens opérant des
mains n'en sont pas membres. On rapprochera l'existence de 1 583 établissements de santé
ayant des secteurs opératoires.
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Tab.2

Tab.3

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Nous avons
interrogé 14 organismes, structures ou pôles de référence, pour la plupart financés
par des fonds publics, sans avoir la possibilité d'obtenir un recueil exhaustif des
traumatisés de la main et des statistiques homogènes (Tableau 2). Des trois caisses
nationales d'assurance maladie (Tableau 3), seules deux connaissent la population des
accidentés du travail et leur coût, puisque la caisse des non-salariés ne possède pas
ce type de statistiques. Des enquêtes ciblées, comme celle sur les accidents de la vie
courante de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS),
apportent un éclairage par sondage d'une frange de la population. L'enchevêtrement des
services et la hiérarchie rendent difficile l'obtention de réponses à des questions
précises, lorsque l'étude n'est pas à l'ordre du jour des plans de travail ou des
travaux de recherche épidémiologique.
Finalement, nous avons obtenu par le ministère de la Santé ou par des
organismes en dépendant:
- les données du PMSI 1995. Elles sont limitées car ce système
manque d'exUaustivité (et par ailleurs, il ne touchait à l'époque que le secteur public
d'hospitalisation). La CIM 9 est insuffisante ainsi que le catalogue des actes médicaux
qui est actuellement en cours d'actualisation;
- les Statistiques d'Activité des Établissements (SAE);
- l'exploitation d'enquêtes, comme celle sur les accidents domestiques
(European Home and Leisure Accident Surveillance System; EHLASS), celle des
secteurs opératoires en 1992.
Les caisses nationales des salariés et des agricoles ont fourni un
recueil exhaustif des accidents du travail [5, 8, 9]. Deux enquêtes de la CNAMTS ont
également été étudiées: celle de l'activité KC 1992 [7] et celle des accidents de la
vie courante 1987-1994 [6]. |
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Fig.1
Fig.2
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Dans
l'enquête KC de la CNAM en 1992, portant sur 26 684 actes réalisés en activité
libérale pendant 15 jours en octobre 1992, on relève que 71 % des 2606 dossiers de
traumatologie sont en relation avec une intervention ou une immobilisation sur la main ou
le poignet, le membre inférieur ne représentant que 19% et le reste du membre supérieur
10°/o (Figure 1). Dans cette même enquête, en ne prenant que les 5 150 actes
d'orthopédie-traumatologie, plus de la moitié de ces actes sont en relation avec un
geste sur la main ou le poignet (53 %). Le membre inférieur regroupe 35% des actes et le
reste du membre supérieur 8 % (Figure 2).
L'estimation des accidents de la vie courante est de 5 100 000
personnes blessées en 1990, pour un coût de plus de 12 milliards de francs. Trois fois
sur cinq, il s'agit d'un accident domestique et la main représente la partie du corps le
plus souvent touchée, avant le crâne et la cheville, avec plus de 18,2% du nombre total
d'accidentés [4-6]. Cette enquête fort intéressante et détaillée méconnaît les
lésions anatomiques. |
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Fig.3

Fig.4
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En exploitant
les sources PMSI 1995, sur un total de 7766050 séjours, on obtient en traumatologie à
partir de 685 136 Résumés Standardisés Anonymisés (RSA), une répartition de 35 % pour
le membre supérieur, 36% pour le membre inférieur et 29% pour crâne-thorax-abdomen
(Figure 3). En allant plus loin, on s'aperçoit que les séjours pour des traumatismes
portant sur la main et le poignet représentent 59 % des séjours liés à la
traumatologie du membre supérieur. Lorsqu'on isole l'entité main-poignet, 38 % des
séjours sont en relation avec des plaies (Figure 4). Ce fort pourcentage montre le
potentiel d'encombrement des services d'accueil et d'urgences par ces plaies; de plus, ne
sont comptabilisés que les actes ayant donné lieu à un séjour hospitalier.
Un peu déçus par le manque de coordination sur le plan national, nous
avons été heureux de bénéficier des résultats d'une enquête faite par un organisme
tiers (ni Caisse d'assurance maladie, ni Etat) à savoir celle de la Société Française
d'AnesthésieRéanimation (SFAR) menée avec l'Institut National de la Santé et de la
Recherche Médicale (INSERM) " Trois jours d'anesthésie en France en 1996 ".
Les données de ce travail vous sont exposées plus loin par Madame le Professeur M.C.
Laxenaire.
À ce jour, malgré les nombreuses portes permettant d'accéder au
labyrinthe administratif, il n'est pas possible d'avoir une synthèse officielle sur la
traumatologie de la main et, a fortiori, sur l' ensemble de la pathologie de la
main.
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